Modern Knight – Chapitre 6

Modern Knight - Chapitre 6 dans Modern Knight 4U3VZun

Alors que la souffrance se fit plus envahissante, Micku fut surpris par ce que le fauteur de trouble venait de lui dire. Cet homme connaissait son nom alors qu’il ne l’avait jamais croisé auparavant. Deux hypothèses se créèrent dans sa tête à cet instant : soit il avait vu son nom dans le registre, soit il avait un quelconque lien avec le Sorcier Noir. Mais étant donné qu’il n’y avait pas sa photo dans le cahier pour qu’il puisse faire le lien, il oublia rapidement la première. Néanmoins, il était sûr que le loup ne savait pas qu’il se trouvait dans la même auberge que lui depuis tout ce temps, auquel cas il l’aurait déjà attaqué pendant son sommeil. En revoyant la table cassée qui bloquait à présent l’accès à l’étage supérieur, il se rendit compte qu’il ne pouvait pas récupérer Natalia dans sa chambre. Il allait devoir utiliser la méthode qu’il connaissait assez bien : ses propres poings. La force du canidé ne lui faisait pas peur étant donné qu’il avait déjà dû faire face à des obstacles équivalents en terme de corpulence et que, malgré la difficulté, il avait toujours su s’en tirer sans trop de problème. Mais ce que notre héros ne savait pas, c’est que le meuble n’avait été soulevé qu’avec une seule main et avec aucune difficulté par le colérique, ce qui allait pouvoir lui laisser un petit effet de surprise non négligeable.

Pendant que l’épéiste désarmé se relevait avec beaucoup de difficulté, il s’approcha de lui en grognant de manière plutôt bestiale. Une fois ses deux pieds sur le parquet et une main posée au niveau de ses reins, il plaignit en disant :

 

- Putain… T’étais vraiment obligé de balancer ça ? J’ai encore plus mal qu’avant à cause de toi…

En guise de réponse, le grand hybride à chemise blanche chargea à la manière d’un rugbyman professionnel et le hérisson, surpris, se contenta de mettre en posture de défense, avant-bras servant de bouclier. Sa garde fut facilement brisée lors de l’impact et il fut projeté contre le mur, ce qui laissa sortir d’entre ses lèvres un cri de souffrance, pour ensuite revenir sur le plancher à genoux. Les quelques vaches de porcelaine multicolores tombèrent de l’étagère où elles étaient posées, l’une se brisant sur la tête de Micku. Alors qu’il était en train de se redresser, l’hybride enragé l’attrapa au niveau du cou avec une main et le souleva. Il serra de plus en plus fort, ce qui rendit la respiration assez laborieuse. Pendant que le jeune garçon étouffait, le musclé approcha son visage du sien et lui parla :

 

- Je ne sais pas comment je connais ton nom… Je ne sais pas qui tu es… Mais te voir me met dans une rage tellement intense que te frapper ne suffirait pas à me calmer ! Je dois déchirer tes membres un par un ! Je dois tellement te mettre en pièce au point de ne plus te reconnaître pour m’arrêter !!

 

Plus le ton de sa voix s’intensifiait, plus l’étau de chair se resserrait autour de la gorge du hérisson dont la vision se troublait petit à petit. Avant de tomber dans l’inconscience, il mit tout son espoir dans un coup de pied qui frappa la mâchoire du loup, le faisant lâcher prise. Il n’eut le droit qu’à une quinzaine de seconde pour récupérer à la fois de l’air et ses esprits avant que l’autre ne se ressaisisse et ne l’attaque en joignant ses deux mains. Micku roula sur le côté pour esquiver et se cacher rapidement sous une table pour reprendre le reste de ses forces. Il réfléchit également à un moyen de calmer la bête sans risquer de se faire attraper une seconde fois mais il fut interrompu par un poing faisant le double du sien traversant le meuble de bois pour se retrouver juste en face de lui. Il dégagea en quatrième vitesse pendant que le canidé soulevait la table pour la jeter ailleurs, brisant un cadre lorsqu’elle percuta le mur. Il se releva et, n’ayant pas trouvé mieux, prit une chaise pour la lancer sur l’homme aux poils bruns. Ce dernier se contenta de donner un coup dans le projectile pour qu’elle traverse une fenêtre, ce qui provoqua le cri apeuré de la vieille dame. Ne perdant pas espoir en sa stratégie de fortune, il la renouvela avec un autre siège mais avec une petite subtilité supplémentaire. En effet, au moment où l’objet de bois fut dévié à nouveau d’un coup de poing, sa cible n’eut que quelques secondes pour se rendre compte que le jeune homme s’était précipité sur lui. Une fois à son niveau, il fit un petit saut en mettant son genou droit en avant, le touchant au niveau du diaphragme. Cela força le grand loup à se pencher légèrement en avant avec la douleur. Esquissant un sourire, Micku l’attrapa au niveau des épaules, fit un nouveau bond en s’en servant comme appui et, alors qu’il passait au-dessus de lui, il l’attrapa au niveau du cou pour l’entraîner dans sa chute, touchant tous les deux le sol avec leur dos.

Il se releva le premier et la douleur revint au niveau de sa colonne vertébrale. Peut-être que ce n’était pas une si bonne idée que ça de jouer les casse-cous, pensa-t-il. Cependant, il avait réussi à mettre à terre la bête féroce, chose qu’il avait trouvée plus facile que ce qu’il imaginait. Il posa rapidement son regard sur celle-ci qui semblait être assommée par sa prise. Il se dirigea donc au niveau du comptoir pour prévenir les gérants que le problème était réglé. L’homme d’âge mûr vérifia ses dires et son air interrogatif qu’affichait son visage se transforma rapidement en surprise lorsqu’il vit que le loup se relevait. Il lui hurla de faire attention mais, le temps que le hérisson se retourne, ce dernier prit un poing qui le dégagea sur une table qui se brisa en deux lorsqu’il atterrit dessus. Une fois le prédateur sur ses deux pattes, il fixa sa proie qui frottait son crâne avec sa main et serra les crocs. Son visage était déformé par la haine qu’il avait contre ce garçon dont il ne connaissait pourtant absolument rien, si ce n’est son nom. Ses doigts se crispaient et les muscles de son corps grossissaient à vue d’œil, déchirant au passage sa chemise qui était déjà à la limite du soutenable. Ses orteils avaient également éclaté l’avant de ses chaussures noires pour se retrouver à l’air libre. Ses poils s’étaient hérissés et ses ongles étrangement allongés, ce qui leur donnait l’allure de griffes ayant subitement noircies.

Le jeune hérisson n’en revenait toujours pas. Le canidé avait déjà une masse musculaire importante mais c’était quasiment un monstre qu’il avait en face de lui. Il pouvait voir plusieurs de ses veines ressortir au niveau de son front et de la bave couler entre ses dents. Le doute et la peur s’installèrent alors dans son cœur à l’idée de se mesurer face à cette chose qui lui adressa ces simples mots :

 

- Je vais te tuer… Hé hé… JE VAIS TE TUEEER !!

 

La nouvelle créature bondit sur lui et il poussa alors un cri de frayeur avant de prendre ses jambes à son cou pour l’esquiver. Néanmoins, il ne pouvait pas s’enfuir en prenant la porte même s’il était effrayé. Son épée était encore à l’étage et abandonner le vieux couple serait comme les condamner à une mort certaine. Il allait devoir lutter, quoi qu’il en pense. Alors qu’il était en train de réfléchir à un nouveau plan, le fauve se précipita dans sa direction, ce qui le força à l’éviter en courant dans la pièce, accompagné de sa panique. Pendant son repli semi-stratégique, la table dépourvue des chaises qui avaient été balancées un peu partout se retrouva comme obstacle sur son chemin. Il se laissa glisser par-dessous pour garder sa vitesse tandis que le colosse se contenta de la soulever sans contrôler sa force. Elle se retrouva ainsi littéralement plantée dans le plafond de pierre blanche, ce qui créa plusieurs fissures plus ou moins importantes. Mais Micku préféra ne pas se retourner pour s’éloigner le plus loin possible et chercher autour de lui quelque chose qui l’aiderait à se défendre. Ses yeux virent alors une fourche qui était accrochée au mur avant de se retrouver sur le sol à cause du bazar qui avait lieu dans la pièce depuis cinq minutes. Il ne se priva pas de la ramasser alors que son poursuivant se rapprochait de plus en plus et se retourna net, pointes en avant, ce qui le força à s’arrêter pour ne pas s’empaler sur l’outil. Ce dernier était d’ailleurs assez long pour que le garçon aux yeux d’émeraude puisse rester à bonne distance de lui sans aucun risque de se faire attraper.

 

- Alors, mon gros, on veut plus me courir après maintenant, hein ? dit-il avec beaucoup d’assurance. On a trop peur de finir en brochette, j’imagine.

 

La seule réponse qu’il eut en retour fut un grognement et un regard contrarié. Le loup ne bougeait pas sauf dans les cas où le hérisson avançait vers lui, toujours avec son arme dans sa direction. Après ça, il recula d’un pas pour prendre un peu d’élan et chargea pour essayer de le toucher avec sa nouvelle arme. Malheureusement pour lui, il se décala au dernier moment et, à sa grande surprise, attrapa le manche foncé avec sa gueule. N’ayant pas pu réagir à temps, il fut soulevé lorsque le loup gigota sa tête dans tous les sens, tel un chien ayant attrapé un vulgaire bâton. Ne pouvait pas supporter le manège plus longtemps, il le lâcha et fut projeté contre le mur le plus éloigné pour le percuter avec son dos avec violence. Il s’écroula ensuite sur le sol pendant que le manche de la fourche fut détruit en plusieurs morceaux par les crocs acérés du sbire du Sorcier Noir. Micku tenta tant bien que mal à se relever mais le poids de la douleur l’écrasait beaucoup trop pour qu’il puisse réaliser une telle prouesse. Il remarqua que son adversaire était trop occupé avec son bout de bois et rampa pour se cacher tant qu’il ne prêtait pas attention à lui. Alors qu’il était quasiment au centre de la pièce, propre d’une nouvelle planque, une poule en porcelaine se décida enfin à tomber à cause du tremblement qu’avait causé le hérisson avec la paroi et la bête se tourna vers lui. Il jeta donc son jouet pour venir le ramasser. L’épéiste essaya de se dégager mais rien à faire, il le tenait fermement. L’hybride brun lui offrit son plus beau sourire carnassier tout en se léchant les babines, ce qui eut pour effet de paralyser son futur repas avec la peur.

Lorsqu’il s’apprêtait à planter ses dents pointues dans la chair bleue, un lustre fait à partir d’une bûche de bois tomba sur son crâne à cause d’une fissure au plafond qui s’était propagée jusqu’à lui. Le loup fut tellement sonné qu’il lâcha Micku tout en chavirant légèrement dans toutes les directions, laissant l’opportunité au jeune garçon de faire quelques pas en arrière. Il tomba finalement en avant tout en perdant connaissance. À peine il eut le temps d’examiner la scène pour comprendre ce qu’il venait de se passer qu’il vit les muscles du corps allongé sur le sol perdre de leur épaisseur petit à petit pour ainsi se retrouver avec quelqu’un avec une corpulence proche de la sienne. Ses ongles était également revenus à la normale. Quasiment sûr que le danger n’était plus, il s’approcha de lui et s’accroupit pour vérifier s’il n’avait pas reçu une blessure importante au niveau du crâne. Fort heureusement, la seule chose qu’il trouva fut une grosse bosse, ce qui l’étonna assez. Il souffla de soulagement avant de se redresser et de tourner sa tête en direction du comptoir.

 

- C’est bon, vous pouvez sortir, confirma-t-il.

 

En quittant leur cachette, ils furent choqués en voyant l’état déplorable du hall principal. La vielle dame était celle qui était la plus touchée par tout ceci, surtout lorsqu’elle vit ses objets de décoration réduits en miettes par l’altercation entre les deux hommes. Pendant qu’elle se dirigea auprès des débris de la fourche les larmes aux yeux, son mari alla auprès de Micku pour regarder le loup maintenant inoffensif.

 

- C’est bizarre, pensa-t-il à haute voix. On dirait une toute autre personne, maintenant…

 

Le jeune hérisson préféra ne rien dire mais il était plutôt d’accord avec lui. Quand on le voyait comme ça, on ne pourrait pas se douter qu’il est à la cause du bazar environnant que le triste aubergiste contempla. La culpabilité naquit dans le cœur de Micku vu que tout ceci était en partie de sa faute. Hésitant d’abord quelques instants, il laissa échapper ce sentiment par la parole tout en portant son regard autre part :

 

- Désolé de pas avoir pu limiter les dégâts…

- Ce n’est rien… Tu n’avais pas vraiment le choix, j’imagine. Et puis, qui sait ce qui nous serait arrivés si tu ne t’étais pas interposé ?

- D’ailleurs, ça va, votre mâchoire ?

- Je t’avouerai que ça me fait mal quand je parle, dit-il en massant sa joue gauche. Mais j’ai juste une dent cassée, ne t’en fais pas.

 

Leur conversation fut rapidement interrompue par le cri aigu de la vieille dame. Quand ils tournèrent la tête dans sa direction, ils virent qu’une grosse bestiole se trouvait à ses pieds. C’était un insecte semblable à une tique mais celle-ci avait la taille proche de celle d’une balle de tennis. De plus, elle était de couleur noire avec plusieurs courbes violettes fluo qui traversaient son corps de part en part, ce qui laissait au jeune Élu l’hypothèse qu’elle avait un quelconque lien avec Nécro et que c’était la cause de la colère de l’hybride au poil brun. Elle s’approcha doucement des jambes de la femme de l’aubergiste avant que celle-ci s’affole et tente de l’écraser d’un coup de talon, en vain. L’acarien prit peur et la fuite par la même occasion en se dirigeant vers la fenêtre cassée. Ne voulant pas qu’elle crée de nouveaux problèmes, Micku s’empressa de ramasser la tête de fourche qui gisait sur le sol pour ensuite lui sauter dessus pour l’arrêter. Par chance, son premier coup fut parfait et la tique se retrouva empalée sur la dent centrale de l’outil cassé, un liquide mauve s’échappant pour glisser lentement sur le métal froid.

L’homme quadragénaire s’approcha de lui et demanda :

 

- Qu’est-ce que c’est que cette bête ?

- Je sais pas, répondit-il tout en se relevant, mais je me suis dit que tout ce bordel, c’était de sa faute.

- Cette chose était accrochée sur cet homme ? Mais où ? Je ne l’ai pas vu, pourtant…

- Franchement, je veux même pas savoir. Enfin, prenez-la et brûlez-la. J’ai pas envie de prendre le risque qu’une autre merde arrive. Moi, je retourne me coucher, mon dos en a besoin…

 

Ainsi, il donna le cadavre de ce mutant à l’aubergiste avant d’aller au niveau de l’escalier. Il dégagea la table qui était sur le chemin pour pouvoir retourner dans sa chambre. En avançant dans le couloir, il retrouva l’autre moitié du meuble qui avait traversé le plafond tantôt, ce qui lui donna un air satisfait puisque qu’elle ne se trouvait pas dans son lieu de repos. Une fois à l’intérieur, il s’allongea sur son lit et ferma les yeux pour récupérer de son combat. Cela ne fut que courte durée lorsqu’il fut interpellé par l’esprit de l’épée. En tournant sa tête sur le côté, Natalia apparaissait devant lui avec un air mêlant inquiétude et incompréhension.

 

- Que s’est-il passé, Micku ? s’interrogea-t-elle. J’ai senti une faible énergie maléfique et, peu après, il y a eu ce vacarme…

- Oh, ça… C’était rien, juste un mec qui a piqué une petite colère et qui a balancé le meuble un peu partout. Mais j’ai réglé le problème, t’inquiète pas.

 

Sa partenaire ne semblait pas vraiment convaincue par l’explication du hérisson sur la légèreté de la précédente situation. Elle fit donc mine de n’avoir rien entendu tout en continuant avec ses questions.

 

- Est-ce Nécro qui est à l’origine de tout ça ?

- Je crois, ouais… Le mec connaissait mon nom et il était déterminé à me buter. Et y’avait cette bestiole, aussi…

- Une bestiole… ? S’agirait-il d’une grosse tique, par hasard ?

- Yep. Tu sais ce que c’est, ce truc ?

- Je me doutais bien qu’il s’agissait de cela, lui répondit-elle en prenant son menton entre son pouce et son index. Le nom de cette créature est « Discorde » et elle possède la capacité de mettre sa cible dans un état d’énervement qui augmente plus ou moins rapidement en injectant un liquide dans son sang. En plus de cela, plus sa colère est grande, plus sa force physique se décuple. Et pour couronner le tout, elle aspire le sang de sa victime qu’il transforme en énergie sombre pour son maître.

- Sympa l’insecte multifonction, ironisa-t-il.

- En effet… J’imagine que le fauteur de trouble est tombé dans l’inconscience alors qu’il faisait des ravages. Lorsqu’elle en perd le contrôle, la Discorde quitte toujours son hôte pour partir à la recherche d’un autre… Qu’est-elle devenue ?

- Je l’ai butée et j’ai demandé à l’aubergiste de la cramer. Comme ça, l’affaire est réglée.

- C’est un choix lucide, oui. Néanmoins, quelque chose ne colle pas avec ce que tu viens de m’énoncer… Comment cet homme connaissait ton nom ? À priori, tu ne le connaissais pas…

- Bah, en fait, lui non plus… Il a sorti mon nom mais, après ça, il m’a dit qu’il ne savait pas qui j’étais. Il voulait juste s’acharner sur moi.

- Serait-ce la Discorde qui aurait réagi à ta présence… ? Étrange…

- Enfin, on s’en fout, pour le moment, s’exclama-t-il en se tournant vers l’autre côté de son lit. Désolé mais tout ça m’a encore défoncé le dos et j’ai juste envie de me reposer, là.

- Je comprends, oui… Je te laisse tranquille et je resterai vigilante à ce qu’il pourrait se passer.

 

La vision fantomatique disparut et l’épéiste laissa tomber ses paupières. Il réussit à s’endormir pour être ensuite dérangé à plusieurs reprises par les gens qui se trouvaient à l’étage d’en dessous. Il avait pu entendre des policiers discuter de ce qu’il s’était passé – et qui, fort heureusement pour lui, n’étaient pas venus le déranger pour lui poser nombreuses questions – et d’autres personnes qui avaient aidés les aubergistes à ranger le hall. Néanmoins, il avait assez récupéré pour repartir sans que son dos le dérange sur la route. Il se leva au même instant où la cloche de la ville sonna la première heure de l’après-midi. Il attacha son épée à sa jambe à l’aide du ruban et quitta sa chambre pour rejoindre la salle d’accueil. Sur le chemin de la sortie, il remarqua que seule la table logeait au plafond était encore présente. La disposition des meubles avait quand même été modifiée afin qu’il n’y ait pas de grande vide quelque part dans la pièce.

Il posa la main sur la poignée de porte et l’ouvrit tout en entendant une voix dans son dos lui parler.

 

- Tu pars sans dire « au revoir », Micku ?

 

Il se retourna et vit les deux aubergistes le regarder avec un léger sourire, l’homme gardant ses mains derrière son dos. Il leur répondit :

 

- Ouais, faut que je reprenne la route, maintenant.

- Tu ne vas pas repartir le ventre vide, enfin ! Prends ça, au moins.

 

Elle lui tendit deux pains au lait qu’il accepta sans hésitation tout en la remerciant. Il commença même à entamer l’un d’eux.

 

- Du coup, vous aurez pas trop de soucis pour les réparations ? demanda-t-il.

- Il va falloir que je vois ça avec notre assurance… mais je ne pense pas qu’ils pourront faire grand-chose, avoua le mari à contrecœur. On prendra dans nos économies, dans le pire des cas.

- D’accord. Bon bah, je vais pas traîner ici plus longtemps, alors…

- Attends.

 

Il sortit de derrière lui le fourreau qu’il lui avait présenté le jour d’avant et allongea le bras vers Micku.

 

- Prends-le. Tu le mérites bien avec le courage que tu as eu pour nous aider. Ça sera beaucoup plus pratique pour toi pour marcher, je pense, dit-il en finissant avec un léger rire.

 

L’épéiste n’y croyait pas mais il ne se priva pas pour autant. Il engloutit sa collation afin de tenir la deuxième entre ses dents, prit l’étui de cuivre et le mit dans son dos pour pouvoir y ranger l’épée légendaire à l’intérieur. Il le remercia énormément avant de les saluer et de quitter Atagnan pour se diriger en direction des Montagnes Brumeuses.

Publié dans : Modern Knight |le 8 avril, 2016 |Pas de Commentaires »

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